16 mars 2020

Jour 1

7h30 : presqu'une grasse matinée (ndlr : je désespère de faire une grasse matinée avant qu'Agapée n'ait atteint ses 15 ans -une histoire d'hormones… même si il paraît que l'adolescence commence de plus en plus tôt… En même temps -excusez-moi, je pense à voix haute- les petits D*****-B***** étant quasi-exclusivement nourris avec des produits biologiques, j'ose imaginer que leurs perturbations endocriniennes ne seront pas pires...) (bref !). Presqu'une grasse matinée, donc, mais clairement pas un réveil de jour d'école (yes !). Et ça, c'est top !

9h : Merlin sur le pied de guerre pour commencer le programme "l'école à la maison". Action, réaction : j'ai jeté un premier coup d'œil vendredi sur le site du Cned, je suis donc un minimum prête (si, si, c'est possible !). Du travail pour Agapée aussi, puisqu'elle en demande. Seul Noé, mon oisif (à qui la méthode Montessori conviendrait davantage -!), se la joue en mode vacances.

11h : je file à Monop' pour faire les courses de la semaine, fidèle à mes habitudes (ndlr : mon côté casanier, je fais mes courses le lundi en fin de matinée ; ). Parce que je me suis refusée de jouer le jeu de "la guerre est proche" (même si monsieur Macron, ce soir, parlera de guerre -style anaphorique fois six, les enfants ont relevé ; ). Devant l'entrée, je croise une dame d'origine étrangère, sans domicile digne de ce nom, avec une petite fille. Faute d'argent à lui donner, je lui propose de prendre quelque chose durant ma virée shopping alimentaire. Adjugé pour des couches et des fruits (ça c'est moi qui le rajoute dans ma tête, parce que les fruits, c'est important).
Monoprix. Pas trop de monde, des rayons vides (ndlr : les gens n'aiment pas trop le papier toilette issus de papier recyclé : il en restait pas moins de dix paquets -!), mais pas pire (les prix ?!). Je fais mes courses comme d'habitude (genre pour la semaine, mais incomplètes… je ne me refais pas) ; je vais au service livraison : dé-bor-. "Pas de problème et bon courage, vraiment : )" Je n'oublie pas de prendre le paquet de couches et les compotes, et m'avance vers la caisse. Watchaaa...!!! Que de monde (et même pas à un mètre de distance -sans vouloir cafter). Et là, je me retrouve à faire la queue vingt minutes pour des articles dont je ne profiterai même pas. Et là (bis !), je me dis "punaise, tu as déjà fait ta bonne action de l'année début janvier en discutant avec une vieille dame de l'immeuble bloquée dans l'ascenseur, et te voila à en faire une deuxième..." Mais comme je ne suis méchante et acariâtre que pour la forme, ce temps donné ne me pose absolument pas de problème (tellement altruiste parfois !?!). Je donne les couches, et vais vers Biocoop (conférer parenthèses quelques lignes plus haut !). Mais ?... Mais ?... Serait-ce la queue que je vois devant le magasin ? Eh bah oui ! Vingt minutes de queue pour pouvoir manger autre chose que du lait (oui, je sais, le lait ne se mange pas, il se boit -pinailleurs ? ; ), des yaourts, des bananes, des cahiers ou encore du papier toilette (!?!). Vingt minutes, ça laisse le temps de parler avec une dame et d'apprendre (je n'avais pas du écouter France Inter assez longtemps ?!) que le confinement serait annoncé le soir-même, que Merlin était un des trois prénoms qu'elle avait retenus pour son deuxième enfant et d'autres petites anecdotes qui ne sont, en temps normal, absolument pas racontées en faisant ses courses. Bref, ça a du bon de rester vingt minutes sur un trottoir à un mètre des gens. Ca crée des liens !

13h (deux heures pour faire des courses, c'est quand même un chouïa long...) : repas avec quatre enfants, rigolades, et observations. Même si les petits M**** (les enfants de l'Homme -qui ne sont pas si petits que ça, en fait) ne seront pas avec nous la semaine à venir, il reste quand même trois enfants (les miens -pour ceux qui s'y perdent !) à gérer H24 dans notre appartement. Pas tout petit l'appartement, mais pas leur Maison de Campagne non plus. Observations-réactions : la chambre de Sam deviendra la salle de classe, et la chambre de mes Tourbillons la salle de jeux (et avec un peu de chance, notre chambre, restera notre chambre !). Comme je suis (quand même) inconsciemment un petit peu stressée, je passe trois fois l'aspirateur dans l'appartement en deux heures de temps (et moi qui me connais bien, je sais que ce n'est pas un signe de sérénité !).

16h30 : une virée en extérieur s'impose ! Tic-tac, tic-tac… Le compte à rebours commence, et il est hors de question 1° que Merlin entame sa septième heure de devoirs (!!!) 2° que je passe mes dernières heures de liberté à passer l'aspirateur !!! Nous allons profiter du soleil : basket, foot, discussions (c'est fou comme l'ambiance qui s'installe incite les inconnus à communiquer entre eux ?!?...) et grand bol d'air : )

20h : pour la première fois de leur vie, les enfants posent leurs petites fesses (musclées -rapport au basket, foot, et autre escalade !) sur le canapé pour regarder un bout du journal télévisé. Parce que aujourd'hui, ils vont vivre quelques chose qu'ils ne devraient pas vivre souvent (moi, perso, c'est la première fois ; ) : entendre le président nous parler comme si nous étions tous des enfants (remarque amusée de Noé -!) de confinement sans en prononcer le mot...


L'aventure, c'est extra !!!


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