Et là, internet nous apprend que ce que Sébastien jette par la fenêtre et ce que je noie dans les toilettes sont en fait des punaises de lit. Punaise.
Des punaises de lit...!!! Des punaises de lit ;
comme dans le film Les misérables que j'ai revu il y a peu. Merde alors...
Je vous passe les détails de la découverte de dizaines de petites bêtes le lendemain,
cachées un peu partout : dans les cartons de rangements, dans les tiroirs, dans les plis des alaises. Je ne comprends pas comment c'est possible puisque je lave les draps toutes les semaines ?
Elles sont peut-être sorties en force à cause de leur disette forcée durant nos deux semaines de vacances loin d'elles ? Ah oui, parce qu'il faut savoir qu'en plus d'être des punaises de lit (ce qui n'est déjà pas joli joli), elles boivent notre sang. Des petites piqûres...
Rendez-vous est pris avec un professionnel bavard (moi qui n'aime pas le téléphone j'ai été servie...) pour le jeudi 30. La semaine d'attente me semble bien longue, ponctuée d'
un minimum de deux lessives par jour. Et oui, comme elles se logent partout, il faut tout laver.
Tout laver à 60°, et si possible sécher au sèche-linge. L'homme (le professionnel quoi) m'explique comment préparer au mieux son intervention, alors j'essaie de préparer au mieux. Evidemment c'est le moment que choisit Agapée pour faire la grève de la sieste
...
Et nous voilà au jour J. Tout est prêt : ce que je n'ai pas eu le temps de laver est enfermé dans des sacs poubelle. Ce que j'ai eu le temps de laver aussi, puisque les tiroirs doivent être vides. Les sols sont fraîchement lavés, puisque après je n'aurai plus le droit de le faire (
mais j'aurai le droit de passer l'aspirateur aussi souvent que je le voudrai, me précise l'expert, voyant en moi une maniaque du sol propre) (en même temps, c'est pas comme si j'avais un bébé qui marchait à quatre-pattes
...). Voilà. A l'homme de jouer maintenant.
Ma relation avec les punaises de lit est entre ses mains... Voilà.
Il met l'appartement sans dessus-dessous. Vas-y qu'il décroche les cadres, qu'il retourne les sommiers, qu'il déhousse les matelas en m'informant que les housses aussi il faut les laver (genre son insecticide ne va pas suffire ?... 327€ et l'insecticide ne peut pas suffire sur les housses ?) (ndlr : j'ai six matelas avec des housses, dont un double ; ce qui fait sept machines supplémentaires à faire tourner. Put***
put*** put***.........). Il pulvérise partout,
sols, tiroirs, murs, fenêtres (qui venaient d'être nettoyées, évidemment),
meubles. Bouh
ouhouh. Notre nid haut perché ressemble à une scène apocalyptique...
{ Acte III }
Nous voilà au seuil du weekend de trois jours. La veille du Jour (avec un j majuscule, s'il-vous plaît !) j'avais dit à Sébastien que je n'irais pas à Cadenet, comme nous l'avions prévu.
L'envie, mais surtout le besoin de me retrouver un peu seule. S'ajoute aussi la nécessité de
redonner forme à l'appartement ! A la base je n'avais pas imaginé que la charge de travail serait aussi importante. Genre, le vendredi je remets en ordre, comme ça le samedi et le dimanche je ne pense qu'à moi,
moi et
moi. Presque...
!
Je laisse donc ma tribu partir.
Yeux humides et coeur un peu lourd pour chacun de nous (Noé excepté peut-être ; ). Signes de la main sur le trottoir.
Eux partent vers le sud, moi chez Véronique, pour mettre les housses de canapé dans son congélateur. Rapport aux yeux humides, Véronique me propose d'aller prendre un verre, puis deux, puis des seiches persillées (beurk), puis quelques cigarettes.
23h, il est tant que je rentre chez moi parce que demain j'ai du boulot ! Le vin c'est bien, ça fait joliment tourner la tête : ) Arrivées devant l'appartement j'appuie sur la poignée : bloquée, la porte est
bloquée.
Comme si la porte était fermée à clef. Mais ce n'est pas possible, j'ai bien dit à Sébastien de ne pas la fermer à clef puisque je n'ai pas mes clefs (je n'ai jamais mes clefs). Me voilà en train de toquer à la porte ; et Véronique de sonner. Je l'arrête, si jamais quelqu'un dort ? En même temps, si quelqu'un dort, c'est un intrus. Les quatre Du**** sont en Provence et je suis de l'autre côté de la porte.
Le vin c'est bien, mais ça ne fait pas venir les idées très vite au cerveau ! Tic tac tic tac... Ah bah voilà : Sébastien a fermé la porte à clef, et je suis à la porte de chez moi !!! Ca tombe bien, c'est pas comme si j'étais restée pour remettre de l'ordre et me reposer...!
Véronique m'accueille
tellement gentiment sur son canapé. Une nuit un peu fraîche, mais j'ai bien dormi ! Et au moins,
je ne me suis pas faite piquer par des punaises pas contentes d'être intoxiquées. Et je suis ravie de me réveiller dans une maison pleine de vie (parce que parfois, être seule...) !
Maintenant,
il ne reste plus qu'à croiser les doigts (faire brûler un chauffe plat à la vanille ou jeter du sel par-dessus les épaules) pour que la dame qui repasse les chemises de Sébastien soit chez elle puisqu'elle a un double de ma clef. Et après un doute, deux doutes, trois doutes (et après avoir regardé les horaires de train pour rejoindre ma tribu en Provence) elle répond au téléphone.
Wouwouwou !!! Je vais pouvoir rentrer chez moi dans mon appartement tout pourri ! Avant ? Oh bah d'accord, va pour une virée en famille (pas la mienne, celle de Véronique... Faut suivre, la mienne de famille est en Provence ; ) chez Ikea ; seul magasin ouvert le 1er mai.
Tellement forts les Suédois !
{ Épilogue }
Comme ça fait une heure que j'écris,
je vais m'arrêter ! Sachez juste que
tout rentre dans l'ordre. Que même si mes nuits ont été courtes, ou fraîches (pas de couette à la maison, à cause des punaises),
j'ai l'impression de m'être bien reposée. J'ai encore des petits choses à faire et au moins quatre lessives à faire tourner,
mais ça va aller. Je n'ai pas touché une seule fois le seau pour laver par-terre, mais ça va aller (
!). J'ai mangé une bonne glace en compagnie de Véronique et compagnie et ne me suis nourrie que de sucré, mais demain je recommencerai à faire attention. J'ai eu les enfants et Sébastien au téléphone, et ça m'a fait plaisir (alors que le téléphone...). Je m'égare dans mes activités qui n'en sont pas, mais
tout sera prêt pour recevoir ma tribu au grand complet ce soir...
Bref. Merdouille que ces punaises de lit, mais l'effet papillon qu'elles ont créé me plaît ;
c'est bien là l'essentiel, non ?
Très bon dimanche à vous !
***